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Date de création : 02.10.2010
Dernière mise à jour : 13.10.2010
44 articles


Génocide rom

Hélène Larrivé http://larrive.blogspot.com

A St Ambroix, dans les Cévennes où j' ''occupe'' depuis 2 mois le parvis de la mairie après une grève de la faim (voir le blog désopilant, mais oui ! http://grevedelafaim2.blogspot.com) -je vois ainsi vivre un village avec tout ce qui est habituellement inaperçu lorsqu'on ne fait que passer... à St Ambroix donc, sont arrivés depuis peu des "roms" traditionnellement vêtus, que l'on dit "délinquants" (!).. "reçus" avec plus ou moins de bonheur d'où ce blog sur leur histoire, à "intégrer" dans le journal de mon "occupation" devenu un véritable "dazibao virtuel" en trois blogs : http://aujourlejour2.blogspot.com
http://aujourlejour4.blogspot.com http://aujourlejour5.blogspot.com

Ces "Chroniques d'un village occitan de juin à août 2010 ou "une femme de trop" feront peut-être un jour les délices d'un Leroy-Ladurie du 23ème siècle.

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SAMUDARIPEN,


LES ROMS, HISTOIRE D'UN GENOCIDE


samudaripen -meurtre total- veut dire littéralement "tout tuer" (sa=tout; moudarel=meurtre)



Un bref chapeau d'intro sur les 700 000 roms de Hongrie, pays des magyars


Pour échapper à l'esclavage en Roumanie, ils arrivent au 13ème en Hongrie... pays-refuge des barbares nomades magyars [qui occupaient l'Europe centrale et au 9ème furent chassés vers l'ouest par les turcs petchenègues.] La majorité dite Romungros -romhongrois- est hongrophone. Les Olahs, valaques venus au 19ème parlent le romani d'origine, et une faible proportion, les Beaashs, parlent un roumain antique. Leurs conditions de vie sont telles que leur longévité est inférieure de 13 ans à celle des non roms.

Sources: Jean-François Berger, Bernath Gabor, Andras Biro, dissident hongrois, voir références en fin de blog. Andras Biro, dissident hongrois voir références en fin de blog.



De l'Inde jusqu'à "chez nous", le périple des roms...

qui ne sont pas des "roumains"



avec haltes champêtres et baby sitters comprises !

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Note préalable : n'étant pas spécialiste de la question -ou depuis peu !- j'ai effectué une recherche assez sommaire à partir de textes, du net et d'interviews, qui parfois se contredisent.. et s'il m'arrive de prendre position -sans certitude absolue-, le plus souvent je laisse les oppositions pendantes afin de donner une vue -survolée- la plus diverse possible au lecteur. Hélène Larrivé

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ONZE SIÈCLES D’OPPRESSION


Ces derniers temps, les médias ont régulièrement traités des immigrés Roms de Roumanie. Bien souvent, ces reportages se font dans une optique raciste ou misérabiliste. Nous retraçons donc ici, dans les grandes lignes, l’histoire de ce peuple, comme les indiens et les kurdes, génocidé dans le silence général... et jusqu'en 1864, réduit en esclavage tout à fait légalement en Roumanie, une exception historique.


[Dès 1315 Louis X proclame que le sol de France affranchit quiconque y pose le pied...

En 1526 Charles Quint qui, après avoir autorisé l'esclavage des Amérindiens, l'interdit.

En 1794, la Convention l'abolit (il sera rétabli par Napoléon)...

Et en 1848 -pendant le gouvernement provisoire- sous l'impulsion de Schoelcher, il est définitivement aboli. Sauf pour les noirs et les roms, le dernier peuple à avoir été libéré.

C'est en 1863 que Lincoln l'abolit aux Etats-Unis après la guerre de sécession. Les Roms devront encore attendre la brève prise de pouvoir de Koglniceanu, le "Lincoln" roumain*.]

*Voir plus loin.

Roms, tsiganes, bohémiens, manouches, caraques... une question de vocabulaire..



Les trois zones de départ, le Penjab -le pays des 5 rivières-; le Rajasthan -celui des guerriers rajpoutes, en partie désertique- ; et le Sind -un autre nom pour désigner l'Indus, le fleuve qui a donné son nom à l'Inde.-


Le désert du Thar, des plaines fertiles, le cœur de l'Inde historique, c'est le Rajasthan et ses guerriers rajpoutes, rempart du pays depuis le 6ème siècle contre l'envahisseur musulman perse, arabe et turc -Tamerlan-, le pays des roms. Formé au départ de conquérants huns ou scythes ensuite assimilés par les brahmanes à des "kshatryas", -la plus haute caste après la leur- en raison de leur lutte contre l'islam.



LES ROMS, ORIGINE


Note : la romanologie étant une science très récente, les dates à leur sujet varient parfois de 6 siècles et les chiffres, de plusieurs millions. Ainsi leur départ de l'Inde est-il parfois situé par des linguistes au 3ème siècle, les estimations du nombre de romanophones vont de quelques milliers à 8 millions, et celles de roms, de 13 à 113 millions -avec les 100 millions de l'Inde dont certains nient l'existence-. Voir le blog "linguistique" http://ricetrac2.blogspot.com




Les roms sont à l'origine deux tribus qui partent du nord de l'Inde : d'abord, au 9e siècle ou plus tôt; ce sont les kshatryas* -peut-être à l'origine du mot "tsiganes"- venus du Sind d'où le terme "sinti" par lequel on désignera ensuite les "roms" d'Allemagne aussi dénommés "manouches" -pratiquement tous exterminés-... puis, au 13e, les Rajputs venus du Penjab et du Rajasthan -les roms-. A présent, l'ethnonyme "rrom" qu'il faut écrire rrom est officiellement reconnu par le Conseil mondial rrom et les Nations unies mais certains le refusent -réducteur- et se disent toujours sintis, manouches, tsiganes ou, dans le midi de la France et en Espagne, gitans.


Qui étaient-ils ? Peut-être des "intouchables" voués à des taches taboues, équarrisseurs, éboueurs, fossoyeurs ou... saltimbanques voire, selon la tradition orale, des musiciens doués envoyés en ambassade à la cour de Perse [les comédiens -ou les militaires mercenaires- auxquels on vouait un culte fervent étaient néanmoins frappés d'anathème pour "activité contraire aux bonnes mœurs" -et parfois des intouchables.]


Exode des rroms ou doms, lôms, djâts, ou hanabadoches, termes synonymes


... ou au contraire de haut rang, car kshatrya, fautivement traduit "paria" par les grecs, signifie "qui a le pouvoir temporel" -les guerriers-... ce qui a donné "intouchable", mot à double sens... des nobles donc, victimes des guerres d'expansion de l'islam du 8e au 10e siècle. Ecoutons Régis Blanchet, "Les roms, un peuple mémoire" : ''la sévérité des traitements infligés par les musulmans aux indiens dont les roms va marquer d'une manière indélébile leur inconscient collectif." Le terme Gadjo proviendrait de Mahmud Ghazni, le "Claus Barbie d'Allah de l'an 1000", devenu synonyme de ''guerrier musulman'' puis, pour les roms, de barbare, impur, englobant tous les "non roms.''" -Une autre étymologie possible de gadjo serait "maison" en sanscrit.- [Il est possible que ces ksatryas qui furent massacrées, jetés sur les routes ou razziés aient déjà été issus de groupes ethniques différents venus d'ailleurs -les sources diffèrent, peut-être des plateaux d'Aria en Iran- et qu'ils aient ensuite été "sacrifiés" par les indiens, ce qui les rapprocherait alors du peuple juif lui aussi abandonné à Hitler en 40. Un élément que nous allons voir corroborerait cette supposition connexe.]


Ils feraient donc en ce cas parti de la caste la plus haute après les brahmanes... avec lesquels ils avaient le droit de se marier, les enfants mâles étant alors destinés à devenir... conducteurs de chars d'un chef militaire et compositeurs-conteurs- d"hymnes à sa gloire... Que les hautes castes aient été razziées en priorité est probable, surtout s'il s'agissait de guerriers, la préférence des envahisseurs allant toujours à l'élite plus rentable à exploiter ou à monnayer. La légende dit que rom, qui signifie "homme" -ou romantique!- en sanskrit proviendrait de Rama, le héros de l'épopée indienne, d'où le nom par lequel ils se désignent, Romani Chav, fils de Rama, préféré à "romani cel", groupe d'hommes. Mais il est probable que les migrations, issues de causes différentes voire opposées, ont touché plusieurs castes...


Une explication conciliatrice peut-être : le Rajasthan, l'Israël des roms



Au Rajasthan [pays des rajas] on trouve des nomades sillonnant le désert ou campant à la lisière des villes, des "lohars" -forgerons et charrons- et aussi des intouchables, musiciens, danseurs et poètes, rejetés et redoutés à la fois, les Kalbelyias et les Sapéras... dont on a trace dès 420 av. J-C ! les ancêtres des roms qui seraient demeurés dans leur pays? Comme leurs frères européens, ils sont racisés par les indiens qui les disent voleurs, arnaqueurs, comédiens, venus d'ailleurs etc.. Vivant à la belle étoile dans des campements encore plus sommaires que ceux d'Europe, ils entassant leur maigre avoir dans des roulottes décorées identiques à celles qu'on a pu voir autrefois sur les routes d'Europe. Les femmes portent d'amples jupes à volants colorées et pléthore de bijoux en or -les hommes aussi-... et comme les roms que l'on peut voir à Palavas au bord de la mer, elles dansent* accompagnées d'une clarinette, d'un tambour à deux faces et d'une vièle, et disent la bonne aventure. Les sapéras, eux, charment les serpents. Les ancêtres des roms -s'ils le sont, ce qu'ils affirment- auraient donc déjà dans leur pays été des "étrangers" mis au ban? Cela confirmerait-il l'hypothèse des roms intouchables fuyant la cruauté de la société indienne? pas forcément.



Car il se trouve que les kshatrias -guerriers souvent sur les routes- étaient dans leurs périples servis par une "cour" formée de forgerons -pour entretenir leurs armes- de charrons -pour s'occuper de leurs chevaux-, de cordonniers, vanniers, ainsi que des musiciens, danseurs, poètes -pour les distraire- intouchables peut-être ou issus de castes méprisées -et craintes- auxquelles ils assuraient un sort convenable**... Et en cas de conflit grave, il engageaient également des mercenaires de n'importe quelle caste, leur promettant butin et ascension sociale. Les tribus se sont donc côtoyées historiquement pendant des siècles et il probable qu'après Peshawar -le premier Waterloo des indiens en 1001 qui fit 15 000 morts- c'est ensemble qu'elles ont fui ou furent razziées... ou, si tous les guerriers avaient péri, que les survivants, toutes castes confondues, soient partis sur les routes... loin, très loin de l'Inde. Forgerons, cordonniers, vanniers, danseurs, musiciens, poètes, soigneurs de chevaux, ce sont très précisément les professions des roms que nous connaissons.***



Racisés dans "leur" propre pays, les roms viendraient-ils déja d'ailleurs? Des huns "blancs", comme tous les rajasthanis, métissés avec les dravidiens et/ou les adivasis -noirs-, les premiers habitants de l'Inde, un peuple d'intouchables -dalit- génocidé par la déforestation et des pogroms réguliers ? [61 millions qui, pauvres parmi les pauvres, n'intéressent personne.]


http://www.thotep.com/article.php3?id_article=721

http://www.claudette-thomas.com/galeries/2005_Adivasi/index.html

http://desespoir3.blogspot.com/


C'est probable. Ou des scythes? -"tziganes" proviendrait-il de scythe?- Leur habileté à travailler les métaux et l'or, les bijoux qu'ils portent, leur refus des prêtres et leur pratique de la magie... (?) Des cachemiris? Des dardes? Comme eux ils se disent aryens et quelques éléments linguistiques pourraient l'indiquer. Mais la seule certitude que nous avons est leur migration à partir du nord de l'Inde, quelle qu'ait été leur origine, sans doute multiple, auparavant.


*Désormais ces danses s’exportent à l’étranger grâce à Gulabi Sapera qui a bravé les interdits sociaux -Gitans Doad of Rajasthan-.

** Ce rôle, ils le remplirent ensuite envers les armées des Balkans au 15 ème, en lutte contre les turcs, voir plus loin, "la Hongrie, un cas particulier".

*** Une étude linguistique -peu convaincante à mon sens sur ce point mais remarquable sur d'autres- infirme cette théorie, voir sur le blog linguistique l'article de Marcel Courthiade in extenso, qui d'ailleurs mentionne d'autres tribus nomades du Rajahsthan mais ne parle ni des kalbelyias ni des sapéras, et à l'opposé, celui de Jacques Leclerc qui, lui, estime à 100 millions le nombre de roms en Inde. http://ricetrac2.blogspot.com



Les adivasis, un peuple en danger

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Le voyage à travers la langue


Note. Le sanskrit est la langue originelle de l'Inde antique qui fut remaniée par des brahmanes pour en faire une langue "parfaite", cas unique, et tel que, ne fut jamais parlé par tous. L'hindi, parlé majoritairement, est du sanskrit non modifié, ou plutôt modifié d'une autre manière -c'est en fait la même langue-. L'urdou, très proche, est sa version pakistanaise. Ici, à la différence du français et du latin, c'est la langue savante qui a "évolué" artificiellement. De fait, l'hindi est beaucoup plus proche du sanskrit que le français du latin, devenu langue morte... tandis que sanskrit "savant" est encore -rarement- parlé par des brahmanes. L'hindi est donc un sanskrit à la fois originel et vernaculaire, c'est pourquoi le terme "sanskrit/hindi". Voir cependant l'analyse différente de Jacques Leclerc sur le blog linguistique http://ricetrac2.blogspot.com


Le romani, avec ses 900 racines sanskrites, ses nombreuses terminaisons communes et sa syntaxe indentique ou presque, est donc ou provient directement du sanskrit/hindi, avec des ajouts selon les pays où ils demeurèrent plus ou moins longtemps*. Or, la langue suit les hommes et si nous perdons la mémoire des lieux après plusieurs générations, la langue, elle, en garde la trace en nous. Et ce sont ses modifications qui reflètent l'histoire d'un peuple ici dispersé dans le monde entier.

— En Europe orientale, les Roms de la première migration (jusqu'au 16ème siècle), implantés surtout en Grèce et en milieu rural ont gardé l'usage du romani, avec des mots rajoutés. -Sauf en Hongrie où seuls les Olaths l'ont conservé, les autres étant hongrophones**-.

— Progressant très tôt vers des régions de langue allemande, ils le germanisent, c'est le sinto, également parlé en Italie, dont une forme proche est appelée manouche en France.

— Ils arrivent en Espagne où, interdit par l'Inquisition, il disparut mais une partie du vocabulaire survit dans le kalo des Gitans à base grammaticale espagnole.

— Un phénomène similaire aboutit en Angleterre à la constitution du pogadi.

— Du sous-groupe balkanique est né un langage romano-balkanique qui ne s'est guère étendu...

— mais en Turquie ensuite, avec le turc -et le kurde, il a donné naissance aux récents keldera?, ?uràri et lovàri qui correspond à la seconde migration (19ème siècle).

Langue de diaspora, le romani a perdu par endroits une partie de son lexique et introduit des termes étrangers par nécessité, si bien que parfois les roms ne se comprennent plus très bien. Mais, malgré les différences, les éléments conservés demeurant, avec la restauration du vocabulaire oublié, il a été possible de re-constituer ou de constituer une langue du rassemblement comme il a été fait pour l'hébreu moderne, à la fois "originelle" et "espéranto", la langue ancienne recréée qui permet donc à tout un peuple de retrouver sa culture c'est à dire d'abord de se comprendre. Une des plus vieilles du monde. Il y aurait 65 000 locuteurs actuellement.


* Note de moi : si le romani a perdu une partie de son vocabulaire, il en a sans doute fourni à certaines langues hôtes -le turc et surtout le kurde -le kurmandji- où on trouve des mots sanskrits (à moins qu'ils n'y aient été précédemment) exemple : "gel" veut dire "groupe" en kurmanji, (cel en sanskrit) ; mirov, homme (manush en sanskrit -men en anglais-) etc... Une interrogation : le terme "romanichel" que l'on traduit par groupe -cel- d'hommes -rom-... ne proviendrait-il pas de rom (parfois traduit par "artiste" ou "artisan") + manush (hommes en romani et en sanskrit) + cel, groupe ? ce qui donnerait alors "groupe d'hommes artistes" ? Car on voit mal pourquoi le mot "homme" semble écrit deux fois (rom+manish),  à moins de supposer que c'était pour relier deux tribus différentes, les roms -du "sud"-, et les manush -de l'Est-? Ce qui donnerait alors "groupe de manush et de roms", les gitans étant en ce cas "exclus" de l'ethnonyme. Est-ce la cause de leur refus du terme rom ou romanichel ? 

De même en turc, "génocide" se dit "soykirimi", (samudaripen en romani)...

Une parenthèse rigolote : l'argot parisien ou des banlieues comprend beaucoup de mots d'origine romani  (chouraver, moulène)...  si bien que les petits truands qui croient s'exprimer à la coule en fait usent d'un vocabulaire sanskrit, la langue savante entre toutes, sans le savoir!


Référence : Marcel Courtiade, http://ricetrac2.blogspot.com (second article)

** En Hongrie, où la population rom est entre 400 et 700 000 personnes, l'assimilation, parfois violente -des enfants étant enlevés à leur parents sous le règne de Marie-Thérèse, celle-ci refusant une nation dans une nation, le romani interdit etc..- a été la plus forte d'où le terme de "romungros", romhongrois.


Un cas particulier, la Hongrie et les Balkans, l'amour et la haine



Répartition des roms en Europe.

Une carte assez différente de celle du début du blog

Turquie-Roumanie, Bulgarie-Hongrie-ex Yougoslavie-Espagne

seraient les pays où ils sont les plus nombreux.


70% des roms européens vivent dans les Balkans, refoulés d'Europe de l'ouest après un bref séjour -leur périple ayant parfois pris l'allure d'un aller-retour -sauf dans le Midi de la France et en Espagne où des communautés s'implantèrent solidement... ou appelés et accueillis du 15ème au 17ème siècle par les hongrois et les bulgares en guerre contre les turcs -car ils participaient aux "compagnies" militaires comme forgerons, soigneurs de chevaux etc... indispensables aux armées-, ils se sédentarisèrent de plus en plus.. Après la victoire, au 17ème, la pauvreté et la politique violente de Marie-Thérèse qui bannit le mot tsigane, remplacé par celui de "nouvel hongrois", aboutirent à une quasi perte d'identité.

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Quelques mots sanskrits à

l'origine de mots latins et/ou français

-le sanskrit est une langue rigolote-


hrepan : apte à faire honte, cf répugnant.

adin : qui réjouit, distrait, amuse, cf baladin

rada : bruit, grondement, cf râle

hras : diminuer, s’amoindrir, cf raser

aksa : essieu de voiture, objet tournant, cf axe

akritya : le mal, cf crime.

Amsa : épaule, en latin umerus, cf humérus

mudarem : tuer, cf meutre

sutra : extrait, tiré de, jus, suc,

désigne aussi l'enfant d'un kshatrya et d'une brahamani ! destiné à devenir le conducteur de char et "bateleur" d'un seigneur militaire de haut rang dont il devra aussi écrire au fur et à mesure, en vers, la chronique des haut-faits et la diffuser -la déclamer- au passage pour les fans.. à la fois agent publicitaire chargé de communication, troubadour et chef de staff : Aragon ou Froissard et Philippe Noiret réunis-.. en sanskrit, cela se dit en un seul mot de cinq lettres. Avec mes excuses pour l'absence d'accents, mon ordi ne me permettant pas la translittération.


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Le périple géographiquement à présent


Migration des roms en Europe


Les roms -ou certains d'entre eux- arrivent d'abord en Grèce où ils se réunissent -quasi sédentarisation- sous le mont Gyps, d'où l'ethnonyme qui leur sera attribué, "gitans" ou "gypsi", qu'on croit aussi relié à leur séjour en Egypte. Ils parlent au départ l'hindi-ourdou [qui deviendra "romani"] la langue du peuple indien [dérivée du sanskrit dont il est proche -le sanskrit est la langue des textes sacrés et des castes cultivées, suscitée autrefois par des brahmanes comme langue"parfaite", quasi disparue, qu'il faudrait préserver à travers eux**]... mais qui se modifiera considérablement au hasard de leurs pérégrinations. Leur long séjour en Bohême -la Tchécoslovaquie- et les laisser-passer qui leur étaient octroyés par le roi Sigismond 1er à une époque où ils étaient utiles au pays -pendant les conflits, ils faisaient parti des "compagnies" militaires comme forgerons, maréchal ferrant...etc- ont donné le terme bohémien. Quant aux mots "rom" -devenu romanichel- et "manouches", ils veulent dire "homme" en romani -"rom" ne provenant pas de "Roumanie" ... même si c'est le pays où ils restèrent le plus longtemps... puisque ceux qui y "passèrent" furent arrêtés et réduits en esclavage pendant 5 siècles !


Vendu au poids


Quant à "tsigane", qu'il faut écrire avec un "s", il vient sans doute du sanskrit : "celui qui ne touche pas" et par extension, "celui qu'on ne touche pas", l'intouchable, le "dalit"... ou au contraire le noble qui ne "touche pas" -ce qui est impur- !! Kshatrya -tsigane- désignant une caste de haut rang. Il devint ensuite synonyme d'esclave -cigène, cigani en hongrois-.


Une partie alla vers le sud, l'Espagne, le Midi de la France, une, en Amérique -nord et sud-... et une autre, vers l'Est, l'Allemagne, la Russie, et même le Nord : on appelle en principe "tsiganes" ceux de l'Est et gitans ceux du Sud... les tsiganes, en raison de mélanges ethniques, étant parfois blonds et portant des noms germaniques et les gitans, plus foncés, parlant souvent le calo, dialecte sanscrit-hispanique. Le terme "caraque" qui désigne ces derniers au départ n'est pas péjoratif -il est sans doute issu du turc "kara", noir ou du grec, "korakia", corneille ou -moins probable- des vaisseaux espagnols homonymes-.


Mais presque toutes ces désignations ont par la suite été connotées de manière raciste y compris "tziganes" qui au départ désignait sans doute une caste de nobles... Ces péjorations variant en fonction des lieux et des groupes, pour éviter des impairs on doit parfois, avant tout interview, demander "comment faut-il vous appeler ?" Dans le midi, c'est "gitans"ou tsiganes, Rom évoquant trop "Roumanie", pays qui dans leur inconscient collectif leur a laissé des souvenirs impérissables ! Le fait même que l'on ne sache comment appeler un peuple est révélateur du racisme absolu dont il est l'objet, TOUS les ethnonymes le désignant étant, en UN lieu particulier -que l'on n'identifie pas au départ- devenus des insultes ! Le cas est unique. A ce sujet, Claire Auzias note que dans l'échelle sociologique des victimes du racisme, ils obtiennent le score maximum -selon une grille établie précisément-.


Les roms pour se désigner, emploient le mot rom ou tsigane, plus rarement manouche, qui est parfois lui aussi péjoratif, ainsi que gitan. Ils sont entre 6 et 13 millions dans le monde.


*Le peuple tsigane [donc le premier à migrer il y a un millénaire] a donné une musique devenue un genre à elle seule, comme la musique yiddish [à laquelle elle est apparentée, ainsi qu'au "blues"] qui survit à la quasi-disparition de la culture juive allemande. Leur population est demeurée plus stable aux USA et en Amérique latine -car ils n'y ont pas subi le génocide de 40-. D'où l'influences du jazz chez les grands musiciens tsiganes:

http://www.youtube.com/watch?v=51DXDVeWSfU


**Imaginez qu'existent des peuples parlant une langue la plus proche qui soit du grec classique ou du latin du 4ème siècle: les roms sont ce peuple pour le sanskrit ! Notons que c'est -tardivement- grâce à un linguiste slovène (Miklosich, 1872) qui avait observé une similitude entre la langue des roms qu'il avait entendue dans son village et le sanskrit parlé par ses étudiants indiens que leur origine indienne, depuis confirmée par la génétique, a été établie.

http://ricetrac2.blogspot.com/ [blog linguistique... que personne ne va visiter, tant pis..]

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cliquer pour agrandir l'image


Petit résumé étymologique


''Tous les préjugés mènent aux Roms''

(Hervé Favre, La Voix du Nord)


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Deviens l'Homme, pour créer la race divine.


Les roms ou doms, hommes en indi, parti du Sind, un autre nom pour l'Indus, le fleuve qui a donné son nom à l'Inde -le Sind est le Pakistan actuel- parlaient le sanskrit ou l'indi-urdou devenu le romani, leur langue actuelle, qui comporte des emprunts à celles des divers pays où ils passèrent. Certains l'ont même en partie oubliée, (car il fut parfois interdit)..

Romanichels = Romani tschel (tribu) = tribu d'hommes en romani, non péjoratif au départ !

Manouches = manusha = homme, être humain en sanskrit.

Gitans (gypsies en anglais) vient peut-être d'égyptien... mais en grec, ''gyps'' signifie recycleur, équarrisseur et ''gyftos'' ferronnier, ferrailleur... ainsi qu'une montagne. L'ethnonyme ''gitan'', (gitanos) désignant, [par opposition à ''tsigane''] les roms ayant migré vers le sud, l'Espagne, le Midi etc... est parfois peu utilisé par les Roms qui le trouvent péjoratif et au 18ème, il fut remplacé fautivement par égyptiens pour cette raison.Tsigane désigne les roms de l'Est, peut-être issu de zingares, "venus du Sind", ou harijana, "intouchables", ou encore kshatrya, du nom de la tribu partie la première.

En grec, "astiganos'' désignait une secte ''qui ne touchait personne'' mais peut-être aussi ''que personne ne devait toucher'']... mais il pourrait aussi venir de ''sagaie'', l'arme de jet qu'ils fabriquaient ; il a donné Zigeuner en allemand, Cigány en hongrois, Zingaro en italien... et, devenu synonyme d'esclave dans les pays slaves, il fut celui des nazis : les Tsiganes préfèrent le S au Z, évocateur de ''Zigeuner'' tatoué par les SS dans les camps de la mort -et ne correspondant pas à sa prononciation-. Le triangle marron, qui s'en souvient ? Voici une vidéo bouleversante

http://www.cyril-lazaro.com/article-plus-de-roms-plus-de-chomage-55952450-comments.html#anchorComment

http://www.dailymotion.com/video/xapdzo_l-holocauste-oublie-le-massacre-des_news




Poème des camps de la mort


http://liensutiles.forumactif.com/peuples-du-monde-f69/tsiganes-t17948.htm

http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html



Un exemple cruel


Les camps d’internement de Lety en Bohême et Hodonín en Moravie sont les symboles de l’extermination des Roms de Bohême-Moravie. Or, qu'y a-t-il à leur place à présent ? Un monument ? Une stèle ? Pas du tout : à Lety se trouve aujourd’hui encore, à proximité, une porcherie ! et Hodonín était jusqu’à l’an dernier... un camp de vacances ! C'est l'absence de reconnaissance du génocide -au point que des roms ont été expulsés de Drancy où ils venaient se recueillir pour commémorer le samudaripen- qui a permis qu'ils soient ainsi traités par la suite, exemple les expulsions de Sarko. Rien ne s'est passé, en somme. http://www.mleray.info/article-30707560.html

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Note : on trouve parfois un certain racisme des tsiganes, émigrés 4 siècles avant les rajputs, souvent d'allure occidentale, aux noms germanisés et mieux assimilés, envers les gitans de type indien plus prononcé... les tsiganes, étant donné leur situation d'esclaves, s'étant mêlés aux populations indigènes tandis que les gitans, plus "libres" et plus "fermés", auraient mieux conservé leur culture originaire [mais si les relations femmes tsiganes- homme slave étaient fréquentes, l'inverse était parfois toléré voire exigé -au cas où le maître de maison était stérile par exemple- mais en tout autre cas puni de torture et de mort par crémation.]

Exemple d'une amie "gitane", parfaitement intégrée -à un haut niveau- dans sa ville... qui refuse catégoriquement pour elle le terme de "gitan" et même de "rom"... tout en se reconnaissant volontiers "tsigane", précisant qu'elle vient de l'Est comme l'indique son nom -alsacien-... et ceci malgré des traits indiens très accusés. "Tsigane, oui ; gitane ou romi, jamais !" Elle n'est pas une "caraque" en somme. Cela évoque chez les juifs le dédain des ashkénazes germanisés issus de l'Est vis à vis des "séfarades" ou "misrahims" d'origine arabe.

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L’esclavage en Valachie et Moldavie (deux principautés qui forment l'actuelle Roumanie.)


Donc partis d’Inde entre l’an 800 et 950, les Roms arrivent dans le sud-est de l’Europe dans le dernier quart du 13ème siècle. Arrivés comme des hommes libres dans la principauté de Valachie, ils apportent avec eux des savoirs-faire artisanaux (en particulier dans le travail du fer) d’Inde et de l’Europe byzantine, une bénédiction pour les seigneurs valaches et moldaves qui ont besoin d’une force de travail, une malédiction pour eux.


... les seigneurs qui -d’abord en dehors de toute base légale- vont les réduire en esclavage. Des mesures de plus en plus sévères sont alors prises par les propriétaires terriens, les nobles et les monastères pour les obliger à rester sur place car face à l’esclavage, ils ont tenté de fuir vers l’Allemagne ou la Pologne, où à cause de leur teint mat, on les considérait comme des "musulmans". Notons que si la proportion de roms en Roumanie est importante -ce qui a encore accentué la confusion entre "rom" et "roumain"- c'est parce qu'ils furent obligés d'y rester esclaves six siècles ! Il est pathétique qu'ils soient confondus avec le pays qui s'est montré tel envers eux et il faudrait peut-être comme certains romanologues écrire l'ethnonyme "rrom" -comme il s'écrit normalement, avec deux "r" afin d'atténuer la malencontreuse euphonie.


Devant les cruautés qu’on leur infligeait, ils sont partis se cacher vers les montagnes des Carpates, où ils sont retombés entre les mains des esclavagistes. Les premières traces écrites de cet esclavage date du règne de Rudolf IV en 1331-1355, où les Roms sont décrits comme étant la propriété de monastères et de propriétaires terriens.




Basile Lupu, -l'"Ataturk" roumain- législateur et unificateur qui imposa contre le grec, le roumain comme langue


Mais ce n’est que sous le règne de Basile le Loup de Moldavie (1634-1654) qu’est instituée une loi en quarante points codifiant le "statut" d'esclaves des Roms. A partir de 1500 d’ailleurs, le terme roumain tsigan devient synonyme d’esclave.


Comme les noirs en Amérique, ils sont alors divisés en tsigani des champs, et tsigani de maison, ces derniers se subdivisant en sclavi domnesti, les esclaves des nobles, sclavi curte, esclaves de la cour, sclavi monastivesti, esclaves de l’Eglise etc... et soumis à différents travaux, laboureurs, chercheurs d’or, forgerons, serviteurs, cuisiniers, montreurs d’ours ou musiciens. Il est à noter que, si certains Roms étaient utilisés comme musiciens, il était interdit aux autres de posséder des instruments de musique! Il leur était toutefois possible de se racheter -ou de faire en sorte qu'on les rachète- : de là peut-être la coutume de porter leur "fortune" sur eux -bijoux en or-, un moyen de signifier leur solvabilité.



Le passage de la Moldavie et de la Valachie sous administration turque au 16ème siècle, qui conserva une autonomie relative, puis sous domination ottomane directe au 18ème ne change pas grand chose pour les esclaves romani.

Au 19ème, le code de Basile le Loup est oublié... mais en 1818, le code pénal de Valachie arrête: "les tsiganes naissent esclaves, tout enfant né d’une mère esclave est esclave, tout propriétaire a le droit de vendre ou de donner ses esclaves, tout tsigane sans propriétaire est la propriété du Prince.." Quant au code pénal moldave de 1833, il précise: "des mariages légaux ne peuvent avoir lieu entre des personnes libres et des esclaves. Les mariages entre esclaves ne peuvent avoir lieu sans le consentement de leurs propriétaires. Le prix d’un esclave doit être fixé par le tribunal, selon son age, sa condition et sa profession." Les roms sont donc vendus et achetés à des foires aux esclaves, le prix, au 19ème étant généralement d’une pièce d’or par kilo, sans égard pour les liens familiaux qui les unissent entre eux malgré une loi de 1757 qui interdit de vendre les enfants séparément de leurs parents, le plus souvent "par lot ".


A ce propos, Kogalniceanu, tsiganologue et homme politique roumain du 19ème siècle, écrit: "Quand j’étais jeune, je voyais dans les rues de Iassy des êtres humains aux mains et pieds enchaînés, certains même portant des anneaux de fer autour du cou et de la tête. Des peines cruelles de fouet, de privation de nourriture, d’enfumage, de maintien nus dans la neige ou dans la rivière gelée, tels étaient les traitements infligés aux Gitans. La sainteté de leurs mariages et de leurs liens familiaux n’étaient pas respectés. On arrachait la femme à son mari, la fille était séparée de force de sa mère, on arrachait les enfants des bras de leurs parents, on les séparait et on les vendait aux quatre coins de la Roumanie. Ni les hommes, ni les lois n’avaient pitié de ces malheureux êtres humains."

Les "mariages" entre roms sont le plus souvent arrangés entre les propriétaires pour de simples questions de reproduction, un prêtre officialisant l’union avant qu’on les force à se reproduire. Si le code de Basile le Loup prévoit que " un tsigane qui viole une blanche doit être brûlé vif ", les propriétaires ne se gênent pas pour violer des esclaves, si bien qu’au 19ème siècle, le journaliste français Félix Colson note que de nombreux esclaves roms sont blonds. Le même, en visite chez un baron roumain, indique dans ses mémoires que "la misère se lit tellement sur leurs corps qu’à les regarder, on risque de perdre l’appétit". Il est à noter que si la loi n’autorisait pas un baron à tuer son esclave, cette pratique était néanmoins courante (la loi n’interdisant pas de toute façon les châtiments corporels qui pouvaient se terminer par la mort de l’esclave).


La révolte des Netoci. Vers la Desrrobireja (émancipation)?

Dans les Carpates, des Roms affranchis ou évadés, parfois liés aussi à des gadjé, ont formé des communautés semi-nomades, les Netoci. Considérés par l’idéologie dominante comme "les plus dépravés" des Roms, accusés de cannibalisme, ils sont vus comme des héros par le peuple romani et lorsque au début du 19ème, les barons tentent de les réduire à nouveau en esclavage, les Netoci se lancent dans une guerre de guérilla qui ne cessera qu’avec son abolition définitive. De nombreux soulèvements d’esclaves contre leurs propriétaires ont également eu lieu. (Voir le livre de Mattéo Maximoff, "Le prix de la liberté")


Dans la société roumaine aussi, des voix commencent à se faire entendre pour dénoncer l’esclavagisme. Kogalniceanu écrit en 1837: "Les Européens organisent des sociétés philanthropiques pour l’abolition de l’esclavage en Amérique, alors que sur leur propre continent 400.000 Tsiganes sont maintenus en esclavage". Il se trouve aussi que le passage du mode de production féodal au mode de production capitaliste mécanisé rend l’esclavage moins utile. Des propriétaires terriens et l’Eglise commencent à les affranchir. En 1844 pour l’Eglise Moldave, imitée en 1847 par l’Eglise de Valachie.


Révolution roumaine de 1848


La révolution démocratique-bourgeoise est menée contre l’empire ottoman par les "bonjouristes", des patriotes radicaux de culture française. Ses leaders proclament que "Le peuple roumain rejette la pratique inhumaine et barbare de la possession d’esclaves, et annonce leur libération immédiate". Mais, en 1849, les forces turques au sud et russes au nord réoccupant les deux principautés le réintroduisent et les barons arrivent sans trop de peine à récupérer leurs anciens esclaves. Cependant, malgré la réaction, la lutte pour l’abolition de l’esclavage continue, et l’esclavage devient illégal le 23 décembre 1855 en Moldavie et le 8 février 1856 en Valachie.

En 1856, le traité de Paris reconnaît l’autonomie des deux provinces roumaines dans le cadre de l’empire ottoman. C'est la naissance de la Roumanie dont le prince Ioan Alexandru Couza sera à la tête: il l'abolit définitivement en 1864 sous l'impulsion de Koglniceanu, ainsi que le servage. Celui-ci prévoit même une réforme agraire qui devrait profiter aux serfs et esclaves libérés mais les fractions les plus réactionnaires de la bourgeoisie et les barons complotent pour donner en février 1866 le pouvoir au roi Charles 1er de Hohenzollern. De plus, malgré l’autonomie, la Roumanie reste très dépendante de l’empire ottoman et de ses structures féodales.



Même libérés de l’esclavage, les Roms continuent de vivre dans des conditions dramatiques. Nombreux d’ailleurs fuient le pays, craignant un retour à l’esclavage, d’abord dans les pays voisins, puis jusqu’en Scandinavie ou en Europe de l’Ouest, voire en Amérique. Les Roms qui ne quittent pas la Roumanie restent le plus souvent dans les villages où ils vivaient quand ils étaient esclaves, près des monastères. Tous les reportages de l’époque parlent de la misère dans laquelle ils vivent : habillés de guenilles, soumis à la faim. La liberté offre aux Roms un statut guère plus enviable que celui d'esclaves. Un esclave représente une valeur marchande, pas un homme libre : en plus de la pauvreté, ils doivent subir racisme et... meurtres.



C’est ainsi que deux voyageurs américains, au début du 20ème siècle, racontent comment, alors qu’ils offraient du chocolat à deux petits mendiants roms, les deux enfants se sauvent en criant "Moarte! Moarte !" (Mort !). En effet, à de nombreuses reprises après leur " émancipation ", les Roms se sont vus offrir de la nourriture empoisonnée, un moyen utilisé pour se débarrasser d’eux, si bien qu’une des premières leçons qu’apprennent les enfants roms à cette époque est de ne jamais accepter de nourriture d’un étranger.

A partir de la fin du 19ème, des Roms, essentiellement ceux qui ont réussit à faire des études, commencent à s’organiser pour exiger l’égalité avec les gadjés.


En Turquie, les mariages inter ethnies avec les kurdes sont fréquents

La dictature d’Antonescu et la déportation en Transnitrie ("pays au delà du Dniepr", qui sépare le Moldavie de l'Ukraine, s'écrit aussi Transnistrie.)


Le long du Dniepr -hachurée-, la Transnitrie, état non reconnu -c'est une ex enclave soviétique crée par l'URSS pour s'assurer un fer de lance pénétrant les Balkans-, zone stratégique fertile, sépare l'Europe Centrale de l'Europe de l'Est -ex union Soviétique-. Elle fait à présent partie de la Moldavie. Un des affluents du Dniepr est la Bérézina, symbole de ce verrou Est-Ouest. Son climat est continental.

C’est dans cette atmosphère que les Roms traversent l’histoire de la Roumanie, son indépendance, reconnue par le congrès de Berlin en 1878, la participation de la Roumanie à la première guerre mondiale de 1916 à 1918 aux côtés des alliés, puis le rattachement à la Roumanie de la Bucovine et de la Transylvanie (prises à la Hongrie) ainsi que de la Bessarabie (prise à la Russie).


Face à la crise mondiale de 1929 et aux grèves ouvrières qui ripostent à la misère (notamment les grèves des chemins de fer et des ouvriers de l’industrie pétrolière), le parti de la "Garde de Fer ", groupe fasciste créé dans les années 20 par Horia Sima (et où on trouve notamment Ionesco, Mircea Eliane ou Cioran) est soutenu par une fraction croissante de la bourgeoisie. Pogroms fréquents en Moldavie et en Bessarabie à l’encontre des juifs et des roms; par le biais de l’influence du nazisme et des thèses de Ritter, le racisme anti-rom se construit un corpus idéologique "scientifique". Il ne s’agit plus seulement de décrire les Roms comme des "voleurs" et "débauchées", mais aussi, comme Ion Facaoaru, le principal théoricien roumain du racisme anti-rom, de lutter contre "le péril tsigane d’appauvrissement génétique du peuple roumain". Dès 1938, un Commissariat Général aux Minorités est créé, chargé particulièrement, de la "question tsigane". Les universités, et en particulier celle de Cluj, se tournent vers l’étude de l’anthropologie eugéniste. L’idéologie du "sang pur" de la "race roumaine" menacée par "l’impureté tsigane" se développe.


En 1940, le roi Carol II abdique en faveur de son fils Michel I, qui appelle au pouvoir le fasciste Antonescu, soutenu par la Garde de Fer, lequel se proclame Conductator de la Roumanie, tandis que l’URSS, dans le cadre du pacte germano-soviétique occupe la Bessarabie et la Bucovine, et que la Hongrie du fasciste Horty annexe le nord de la Transylvanie. La Roumanie devient un Etat "National-Légionnaire" et s’allie avec l’Allemagne nazie. La situation des roms devient dramatique. En 1940, le ministère de l’intérieur interdit aux Roms "nomades" de "rôder pendant l’hiver".


En 1941, la stérilisation des femmes est instituée. En mai 1942, Antonescu ordonne un recensement général de la population rom, 208.700 Roms sont fichés et le 1er juin, commence la déportation des "nomades et semi-nomades" en Transnistrie nouvellement acquise par la Roumanie. Le 11 août, l’Inspecteur Général du Recensement déclare que 84% des Roms "nomades et semi-nomades" ont traversé le Dniestr. Les ordres précisent de n’informer en rien les déportés sur leur destination. Une fois en Bessarabie, ils doivent changer leur argent en Reichsmarks et sont ensuite assignés à une localité. Un maire de village publie en 1945 ses souvenirs sur cette période : "Fin août 1942 commencèrent à arriver à Trihai, sur le fleuve Bug, des Roms. Ils furent répartis dans les fermes environnantes; en une semaine, ils furent quinze milles Roms à arriver, dans un état incroyable de misère. Il y avait beaucoup de vieillards, certains étaient nus".


Cela empire ensuite : à partir du 12 septembre 1942, commence la déportation des Roms sédentaires, en train, y compris les enfants non accompagnés. Ils ne sont autorisés à prendre qu’un seul bagage à main, tout le reste (terrains, maisons, animaux, etc.) étant confisqué. La rafle des roms sédentaires dure huit jours. Les seuls Roms qui évitent la déportation sont ceux des familles de soldats, une mesure prise à la suite de mutineries de soldats roms sur le front lorsqu’ils apprenaient la déportation de leur famille.




En Transnitrie, les conditions de vie sont dramatiques : famine, froid, et typhus, sans compter ceux qui sont abattus parce qu’ils tentent de s’évader. Certains, y compris l’hiver, étaient nus. La famine est telle que certains Roms mangent des chevaux, alors que pour la majorité d’entre eux le cheval est tabou. Entre 1941 et 1943, 300 000 juifs furent également déportés en Transnistrie. Mais dès fin 1943, Antonescu comprenant que l’Allemagne ne gagnera pas la guerre, les déportations cessent, le roi Michel dissout le gouvernement Antonescu le 23 août 1944, puis déclare la guerre à l’Allemagne. De 1941 à 1943, on estime à 36.000 le nombre de Roms morts en déportation en Transnistrie.


Le stalinisme

L’armistice est signé le 13 septembre 1944, et le ministre de l’intérieur exhorte alors les Roms à reprendre leurs activités traditionnelles en Roumanie, devenue en 48 une démocratie populaire, sous le joug de l’URSS stalinienne... où de nombreux assassinats, tortures, arrestations arbitraires, etc.... sont organisés pour permettre à un PC qui ne regroupait que quelques centaines d’adhérents en 1945 de prendre le pouvoir. Il ne semble pas que sous le pouvoir de Gheorghiu Dej, alors secrétaire du PCR, une différence existe entre le sort réservé aux Roms et ceux des autres citoyens de Roumanie, les discriminations racistes s’exerçant plus particulièrement à l’encontre de Hongrois, de Serbes ou de Croates. Les Roms restent néanmoins essentiellement utilisé comme main d’œuvre non-qualifiée de l’industrie et de l’agriculture.

En 1965, Nicolae Ceausescu prend la tête du PC. La Roumanie connaît la plus forte croissance économique de tous les pays d’Europe, et prend ses distances avec l’URSS. Seul pays du pacte de Varsovie qui n’envoie pas ses chars à Prague en 1968, la Roumanie de Ceausescu devient le plus convenable des pays de l’Est pour l’Occident. De Gaulle, en voyage officiel en Roumanie en 1968, proclame " La Roumanie aux roumains ".


Plutôt indépendante par rapport à l’URSS, la Roumanie développe une idéologie ultra-nationaliste raciste. Ceausescu déclare à plusieurs reprises la supériorité de la race "Dace". En dehors de la campagne nationale de 1977 qui confisqua tout l’or (bijoux en particulier) appartenant aux Roms, il existe peu de documents sur la situation particulière des Roms durant la dictature de Ceausescu, mais un fait est avéré : sur les 80.000 enfants trouvés dans les orphelinats roumains en 1990 (en fait de véritables mouroirs au taux annuel de mortalité de 50 et 60% ) 80% étaient des roms (alors qu'ils ne représentent que 10% à 20% de la population roumaine). Epidémies de sida, d’hépatites, et de choléra provoquées par du matériel de transfusion non stérile... etc.. ce nombre incroyablement élevé d’enfants roms dans ces orphelinats serait le résultat d’une politique raciste cohérente du régime totalitaire: au nom d'une prétendue supériorité des "daces", le peuple qui habitait la Roumanie avant la conquête par les romains en 101, les roms étaient réduits à une main d'œuvre servile dont ces mouroirs avaient pour but d'éponger le surplus..



La "révolution" roumaine et les pogroms qui ont suivi

Lors de la "révolution" roumaine de décembre 1989 qui débarrassa le pays du couple Ceausescu, l'atmosphère de racisme dont les Roms sont les premières victimes demeurait. Des rumeurs circulent, les Roms auraient tous étaient des agents de la Securitate, Ceausescu lui-même aurait été un Rom, la presse ne cesse de publier des articles sur des foules de Roms armés de couteaux qui sèmeraient la terreur dans le train Sofia-Bucarest, ou que l’Orient express devra être placé sous surveillance policière pour éviter les raids romani etc... Une véritable campagne de pogroms anti-roms se développe dans toute la Roumanie. Le 24 décembre 1989, dans le village de Virghie, des villageois assassinent deux Roms et brûlent leur maison. A Turulung, 36 maisons appartenant à des Roms sont incendiées le 11 janvier 1990. Le 29 janvier, ce sont cinq maisons qui sont incendiées à Reghin ainsi que quatre Roms assassinés et six maisons incendiées à Lunga le 5 février, etc.

Du 13 au 15 juin, des mineurs ont été amenés en train à Bucarest par le gouvernement pour réprimer des manifestations anti-Illescu (alors chef du gouvernement) et encadrés par des officiers de police, ces mineurs se sont aussi dirigés vers les campements roms de la banlieue de Bucarest... qu'ils détruisent. Des hommes sont battus jusqu’à ce qu’ils perdent connaissance et des femmes violées. De nombreux Roms ont alors été emprisonnés et relâchés seulement quelques semaines plus tard, sans qu’aucune charge ne puisse être retenue contre eux. A Cuza Voda, 34 maisons appartenant à des roms sont incendiées et 29 à Catinul Nou le 12 août, etc. De telles violences, quasiment quotidiennes, ont lieu, parfois accompagnés de lynchages. Il arrive que la cause officielle de ces flambées de violences racistes soit une simple rixe à une sortie de bal entre gadjé et roms. Dans ce cas la police intervient, après les pogroms, pour arrêter les roms qui auraient participé à la rixe !


Après un tel pogrom dans la nuit du 12 au 13 octobre 1993, une commission gouvernementale publie un rapport où l’on peut lire que "les événements n’ont pas motivations ethniques", puis expliquent que la communauté rom a sa part de responsabilité puisque elle est un danger pour la stabilité ethnique du village car ils ont entre 5 et 10 enfants, ne sont pas du village, ne possèdent pas de terre donc "certains vivent du vol"... que leur niveau culturel est très bas, nombreux sont ceux sont illettrés... qu'ils sont orthodoxes mais n’observent pas les rites, n’ont pas formé de société agraire, perturbent l’ordre par des violences verbales, des discussions obscènes, un langage trivial, volent etc. Ce rapport, véritable synthèse des préjugés racistes dont sont victimes les Roms est significatif de la façon dont la police et la justice roumaines traitent alors ces pogroms meurtriers.



"Mort aux tziganes"! (en 90!)

Ce genre de violences de grande envergure à l’encontre des roms a perduré pendant toutes les années 90. Depuis, si on en croit le rapport de la Commission Européenne contre le Racisme et l’Intolérance (rendu public le 23 avril 2002), "les affrontements violents, comme ceux qui se sont produits durant les années 90 entre les groupes majoritaires et minoritaires de la population, notamment avec la communauté rom/tsigane, se sont apaisés". Pourtant, les discriminations subsistent à tous les niveaux : violences policières régulières, politiques municipales dont le but est de chasser les Roms, ségrégation dans les écoles, discriminations à l’embauche, il arrive que dans les ANPE des offrtes d'emplois précisent qu'elles ne s'adressent pas aux roms, discriminations quant à l’accès aux soins ou à certaines aides sociales, articles de presse et reportages télévisés les présentant régulièrement comme un peuple de délinquants, etc... A cela s’ajoute les partis d’extrême droite raciste, essentiellement le Parti Romania Mare (Parti de la Grande Roumanie) et leur propagande anti-rom, antisémite et anti-magyar (anti-hongrois). La Nouvelle Droite colle régulièrement des affiches avec pour slogans "Mort aux tsiganes !" ou "Les roms hors de Roumanie! "


C’est ainsi que le 13 mars, une quinzaine d’hommes armés de battes de base-ball ont attaqué un quartier romani dans le village de Sabolciu; le 8 mai 2002, environ 200 supporters de foot s'en sont pris à un quartier rom à Bucarest en criant "les tsiganes hors de Roumanie", les agresseurs tabassant des Roms, cassant les carreaux des maisons et détruisant les portes pour entrer dans les habitations. La Desrrobireja des roms reste toujours à conquérir. Cela explique -à nouveau:- leur exode vers les pays plus "calmes", la France notamment, le pays des droits de l'homme dont Sarko est un pur fleuron (!)


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Notes. Le terme officiel de Roumanie n’apparaît qu’en 1861, après l’unification des principautés de Valachie et de Moldavie. La Valachie est la région de Bucarest, tandis que la Moldavie celle de Iasi. Le pays qui aujourd’hui s’appelle Moldavie est par contre né de l’unité de la Bessarabie et de la Transnistrie.


"Rom" ["homme" en romani] et c’est par ce terme qu’ils se désignent eux-mêmes -parfois-. Comme en roumain le terme "tsigan" est devenu synonyme d’esclave, nous n’employons le mot français "tsigane" que pour traduire des textes d’esclavagistes et/ou de racistes.

Gadjé: pluriel de "gadjo", terme désignant pour les Roms tous ceux qui ne sont pas originaires des "peuples du voyage", terme par lequel on les nomme parfois, car les roms sont pour la plupart sédentaires même s'ils prennent souvent la route, bien malgré eux...

Un roman de Mattéo Maximoff "Le prix de la liberté" traite justement d’une révolte romani au 19ème siècle en Roumanie (édition Wallâda).


On estime à 500.000 le nombre de tsiganes d’Europe victimes du génocide sous le nazisme, un chiffre qui, en proportion, est équivalent à celui du génocide juif. Dans la majorité des pays, le sort réservé au Roms fut semblable à celui des juifs: massacre par des unités de la SS en URSS, extermination dans les camps de la mort pour les Roms et Sintis d’Allemagne, d’Autriche et de Pologne, etc.


Un piège particulièrement pervers pour exterminer les roms



Le camp de Terezin comportait une zone totalement séparée qui leur était réservée, figurant une sorte de "village" pimpant avec même des pots de fleur aux fenêtres... où au départ ils furent bien traités, nourriture, musique, travaux peu pénibles... on leur fournit même des cartes postales du camp pour envoyer à leur famille... et après que tous furent venus les rejoindre, on les gaza jusqu'au dernier. Le racisme des nazis à leur encontre était tel qu'ils ne voulurent même pas les "sélectionner" pour des travaux épuisants comme ils le faisaient pour les juifs.

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Sources: Hancock, "Roma Slavery"..."The Pariah Syndrome" in "Patrin"
Claire Auziaz "Samudaripen, le génocide des tsiganes", Editions L’esprit Frappeur, Paris 1999

Article de Hoboctb n°10 - décembre 2002. Pour tout contact: HOBOCTb C/o CESL - BP 121 - 25014 Besançon cedex. E-mail: helenelarrive@gmail.com (l'autre adresse ne marche pas.)

Cité par Joseph Varéa, que je remercie ici, ainsi qu'Anic Darnault pour son tableau ("l'oeil").

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Mihail Kolganiceanu,

le Lincoln roumain




Mihail Kolganiceanu 1817-1891, historien, romanologue et homme politique. Qui le connait ?

Créee en 1861 La Roumanie est l'unification de la Valachie (Bucarest) de la Moldavie (Iasi) et de la Transylvanie. Mihail Kolganiceanu en fut brièvement le premier ministre.



Précisions sur l'esclavage, une abolition par étapes


Lorsqu'on lit que l'esclavage des Roms a été aboli en 1856 suite à l'influence des idées propagées par le révolution de 1848, c'est inexact. Certes, dès 1837, Kogalniceanu -cité plus haut- et des progressistes s'insurgent, mais si des propriétaires terriens, l'Eglise, en 1844 pour la Moldavie, en 1847 pour la Valachie, commencent à les affranchir, c'est parce qu'ils ne leur sont plus utiles... et, si la révolution démocratique-bourgeoise -1848- des ''bonjouristes"… [de jeunes intellectuels francophiles, imprégnés des idées de la révolution dont les épigones furent Panait Istrati, Tzara, Cioran...] patriotes combattant l'empire ottoman, annonce "la libération immédiate de tous les tsiganes''... dès 1849, il est rétabli par les forces turques et russes victorieuses. La lutte pour l'abolition continue et, s'il devient illégal en 1855 en Moldavie et en 1856 en Valachie, cela n'a pas d'effet et c'est le Prince Ioan Alexandru Couza, dirigeant à partir de 1861 de la nouvelle "Roumanie" qui, sous l'impulsion de Koglniceanu, l'abolit deux ans après -il ne s'est pas hâté- c'est à dire en 1863, ainsi que le servage. On observe donc que de 55 à 63, l'esclavage théoriquement "interdit" était toujours pratiqué en Roumanie.


http://roms.blog.tdg.ch/archive/2010/08/23/rroms-esclaves-en-roumanie-les-rroms-continuent-a-payer-le-p.html '

Note : sur ce site par ailleurs excellent, il a sans doute confusion entre les ''rétablisseurs'' de l'esclavage. Sa restauration en 49 n'est pas le fait d'Alexandre Couza mais des forces turques occupantes -avec la complicité des barons valaches et moldaves collaborateurs-. En fut-il le complice par opportunisme avant de devenir, sous l'impulsion de Mihaïl Kolganiceanu son ami et ministre, son abolisseur ? Question ouverte.




Controverses, un peu de philosophie...

Le honte d'être rom

Jean-Marc Turine ''Le crime d’être Rom'' (Ed. Golias)


"Lorsque Simon Wiesenthal demanda en 1984 à Elie Wiesel que les Roms soient représentés dans le Conseil qui visait à perpétuer le souvenir de la Shoah, celui-ci lui répond sans détour qu'''il ne fallait pas dévaluer l’Holocauste''.. ce à quoi Wiesenthal rétorque qu'''il ne fallait pas dévaluer le nazisme'', car les Roms, au même titre que les Juifs, ont été victimes du racisme fanatique du régime hitlérien. Leur extermination a même été planifiée de plus longue date puisqu’en 1906 déjà, un certain Alfred Dillman préconisait de débarrasser l’Allemagne de ce peuple ''criminel, asocial et fainéant'' par nature.

Cet épisode illustre le fait que certains dans la communauté juive tentent de s'accaparer le statut de victimes uniques du génocide nazi quitte à verser dans le négationnisme du génocide rom. En tronquant et en minimisant la réalité de l’entreprise de mort que constituaient les camps d’extermination, ils mettent ainsi à mal les efforts d’autres intellectuels juifs qui, conscients de la capacité de leur communauté à imposer au monde la mémoire de la Shoah, sont les avocats dévoués à la mémoire du génocide rom.

Les Roms eux-mêmes portent-ils une responsabilité dans ce déficit de mémoire?

Si la communauté rom a refusé les compensations que lui proposait l’Allemagne, ce refus ne constituait en rien un déni de mémoire mais s’expliquait par le fait que les compensations étaient attribuées à titre ''humanitaire'' et non en tant que ''victimes de crime contre l’humanité''. Une insulte à la mémoire : ils n’ont pas été victimes de la famine ou d’une catastrophe naturelle ! Cela dit, il est certain que des conflits internes à la communauté ont miné le poids de leur représentation et leurs chances d’inscrire de manière forte la réalité de la tentative d’anéantissement de leur peuple dans l’Histoire.

Et l’argument qui fait des Roms un ''peuple de l’oralité'' qui craint le passé et désire l’enfouir?

Certes, il existe un certain esprit selon lequel ''le passé fait peur, le futur ne risque pas d’être meilleur, donc il faut vivre dans le présent''. Mais cela ne signifie pas que ce peuple n’ait pas de mémoire. Sans mémoire, un peuple meurt. Sans doute leur tradition orale, au contraire de la tradition livresque juive, s’est-elle trouvée dépourvue face à la question de la transmission au sens où nous l’entendons. Mais peut-on considérer qu’un peuple de tradition orale est pour autant sans mémoire?

C'est à cause de la non reconnaissance du génocide subi par les Roms qu’il est possible aujourd’hui qu'ils soient traités d’une manière aussi violemment discriminatoire. Cela n'eût pas été possible si la communauté rom avait bénéficié d’un statut clair et officiellement admis de victime de génocide. Les autorités politiques européennes, se rendant sciemment coupables de ''non assistance à peuple en danger'' prennent le risque de voir éclater à tout moment une véritable bombe sociale.

Qui que vous soyez, soyez remercié au nom de la communauté des voyageurs. Je suis Rom de Macédoine et depuis ma plus tendre enfance j'ai été élevé dans une ambiance de non-dit sur nos origines. Savez-vous combien de personnes de ma famille n’osent pas dire que nous sommes ce que nous so



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